
Africa Is Not a Continent in the Making: It Is Already on the Move
🇬🇧 English Version
By Youcef Baadja*
June 4, 2025
For a long time portrayed through the lens of challenge, Africa must now be seen through the lens of opportunity. The continent is no longer waiting for development—it is building it. Through bold national initiatives, strong regional cooperation, and strategic international partnerships, Africa is asserting itself as a proactive agent of its own transformation. Our continent is no longer “awaiting development”—it is already moving forward in growth, resilience, and innovation.
The African Union, through its Agenda 2063, lays the foundation for a prosperous, integrated, peaceful, and influential continent. This agenda is not merely a document of principles—it is a concrete action plan with tangible results. Flagship projects such as the Single African Air Transport Market (SAATM), the high-speed rail network, and the African Continental Free Trade Area (AfCFTA) illustrate this shared ambition. Officially launched in 2021, the AfCFTA is one of the world’s largest free trade areas by the number of participating countries. It opens a market of over 1.3 billion people. According to the World Bank, this project could lift 30 million people out of extreme poverty by 2035. This is a concrete example of Africa’s ability to build inclusive growth.
The African Development Bank (AfDB) has invested heavily in infrastructure, agriculture, renewable energy, and entrepreneurship. Its “High 5” agenda—Light Up, Feed, Industrialize, Integrate Africa, and Improve the Quality of Life for the People of Africa—has connected millions of people to electricity, improved food security, and expanded access to clean water. Kenya is a powerful example. Thanks to the combined support of the AfDB, private investors, and proactive public policies, the country has become a clean energy champion. Today, over 90% of Kenya’s electricity comes from renewable sources, primarily geothermal and hydropower. This proves that sustainability and development are not opposites, but complementary forces.
In the digital sector, Africa is not lagging behind—it is inventing its own models. The success of platforms like M-Pesa in Kenya and Wave in Senegal demonstrates that innovation can arise from local needs and spread globally. Africa, soon to host one out of every three young people in the world, is a laboratory of agile and resilient solutions. Rwanda, often praised for its bold reforms, launched the Smart Rwanda program to make digital transformation a driver of progress in health, education, and administration. Today, over 95% of the population has 4G coverage, improving access to public services in rural areas.
Development will not come solely from institutions—it is built by the women and men of Africa. As President of the Swiss Agency for the Development of Human Rights, I have witnessed firsthand young people transforming entire neighborhoods through social entrepreneurship, women creating agricultural cooperatives that uplift villages, and communities self-organizing to build schools, health centers, and sustainable farms. We must nurture this energy. Investing in education, vocational training, and local entrepreneurship ensures our youth have the tools for their own success. As Nelson Mandela once said: “Education is the most powerful weapon which you can use to change the world.”
It is time to move beyond declining and paternalistic narratives. Africa does not need to be saved—it needs to be supported, heard, and accompanied in its own decisions. In this light, win-win partnerships with both the Global South and the Global North take on their full meaning. Yes, challenges remain: governance, inequality, climate change. But above all, there are achievements to grow, talents to reveal, and projects to champion. As Senegalese writer Felwine Sarr puts it: “Africa should not run after the world; it should run after itself.”
It is with this spirit that we—as leaders, entrepreneurs, citizens, and members of civil society—must act. Africa can succeed. More than that: Africa is already succeeding.
*CEO and President of the Swiss Agency for the Development of Human Rights (ASDH)
What is Agenda 2063?
Agenda 2063 is the African Union’s long-term strategic vision to transform Africa into an integrated, prosperous, and peaceful continent, driven by its own citizens and playing a dynamic role on the global stage. Adopted in 2015, it charts a 50-year development path for the continent, building on past experiences, current challenges, and future aspirations.
The framework is built on seven major aspirations: a prosperous Africa based on inclusive growth and sustainable development; an integrated continent; democratic governance with respect for human rights; durable peace and security; a strong cultural identity; empowered people—especially women and youth; and a globally influential Africa.
Its flagship projects include the African Continental Free Trade Area (AfCFTA), a high-speed rail network, the African passport, and the Single African Air Transport Market (SAATM). Agenda 2063 thus represents a collective commitment to an African future based on solidarity, innovation, and sovereignty.
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🇫🇷 Version Française
L’Afrique n’est pas en devenir: elle est déjà en mouvement
Par Youcef Baadja*
4 juin 2025
Longtemps présentée sous le prisme du défi, l’Afrique est aujourd’hui à aborder sous celui de l’opportunité. Le continent ne se contente plus d’attendre son développement : il le bâtit. À travers des initiatives nationales audacieuses, des coopérations régionales solides et des partenariats internationaux stratégiques, l’Afrique s’affirme comme un acteur proactif de sa propre transformation. Notre continent n’est plus « en attente de développement » – il est déjà dans une dynamique de croissance, de résilience et d’innovation.
L’Union africaine, par son Agenda 2063, pose les bases d’un continent prospère, intégré, pacifique et influent. Cet agenda n’est pas qu’un document de principes : il est un plan d’action suivi d’effets. Des projets phares comme le Marché unique du transport aérien africain (SAATM), le réseau de trains à grande vitesse ou encore la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) illustrent cette ambition commune. La ZLECAf, lancée officiellement en 2021, constitue l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde par le nombre de pays participants. Elle ouvre un marché de plus de 1,3 milliard de personnes. Selon la Banque mondiale, ce projet pourrait sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté d’ici 2035. Voilà un exemple concret de la capacité africaine à construire une croissance inclusive.
La Banque africaine de développement (BAD) a investi massivement dans les infrastructures, l’agriculture, les énergies renouvelables et l’entrepreneuriat. Son programme « High 5 » –
Éclairer, Nourrir, Industrialiser, Intégrer l’Afrique et Améliorer la qualité de vie des Africains
– a permis de connecter des millions de personnes à l’électricité, d’améliorer la sécurité alimentaire et de favoriser l’accès à l’eau potable. L’exemple du Kenya est emblématique. Grâce au soutien combiné de la BAD, d’investisseurs privés et de politiques publiques volontaristes, le pays est devenu un champion de l’énergie propre. Aujourd’hui, plus de 90 % de l’électricité kenyane provient de sources renouvelables, principalement géothermiques et hydroélectriques. Cela démontre que durabilité et développement ne sont pas opposés, mais complémentaires.
Dans le secteur numérique, l’Afrique n’est pas en retard – elle invente ses propres modèles. Le succès de plateformes comme M-Pesa au Kenya ou Wave au Sénégal montre que l’innovation peut jaillir d’un besoin local et rayonner à l’échelle globale. L’Afrique, qui comptera bientôt un jeune sur trois dans le monde, est un laboratoire de solutions agiles et résilientes. Le Rwanda, souvent cité pour ses réformes éclairées, a lancé le programme Smart Rwanda pour faire du numérique un levier de transformation dans la santé, l’éducation et l’administration. Aujourd’hui, plus de 95 % de la population est couverte par un réseau 4G, facilitant l’accès aux services publics dans les zones rurales.
Le développement ne viendra pas uniquement des institutions : il se construit par les femmes et les hommes d’Afrique. En tant que président de l’Agence Suisse pour le Développement des Droits de l’Homme, j’ai vu de mes propres yeux des jeunes transformer des quartiers entiers par l’entrepreneuriat social, des femmes créer des coopératives agricoles qui transforment des villages, des communautés s’auto-organiser pour construire des écoles, des dispensaires ou des fermes durables. Nous devons nourrir cette énergie. Investir dans l’éducation, dans la formation professionnelle, dans l’entrepreneuriat local, c’est garantir à notre jeunesse les outils de son propre succès. Comme le disait Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. »
Il est temps de sortir des récits déclinistes et paternalistes. L’Afrique n’est pas à sauver : elle est à soutenir, à écouter, à accompagner dans ses propres choix. C’est dans cette perspective que les partenariats gagnant-gagnant avec les pays du Sud et du Nord prennent tout leur sens. Oui, il y a encore des défis : gouvernance, inégalités, changement climatique. Mais il y a surtout des réussites à faire grandir, des talents à révéler, des projets à porter. Comme le dit l’écrivain sénégalais Felwine Sarr : « L’Afrique ne doit pas courir après le monde, elle doit courir après elle-même. »
C’est dans cet esprit que nous, dirigeants, entrepreneurs, citoyens et acteurs associatifs, devons agir. L’Afrique peut réussir. Mieux encore : elle est déjà en train de réussir.
*Chef d’entreprise et président de l’ONG l’Agence Suisse pour le Développement des Droits de l’Homme (ASDH)
Qu’est-ce que l’Agenda 2063 ?
L’Agenda 2063 est la vision stratégique à long terme de l’Union africaine pour transformer l’Afrique en un continent intégré, prospère et pacifique, dirigé par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène mondiale. Adopté en 2015, il trace la voie du développement du continent sur 50 ans, en s’appuyant sur les enseignements du passé, les défis du présent et les ambitions du futur.
Ce cadre repose sur sept aspirations majeures : une Afrique prospère basée sur une croissance inclusive et un développement durable ; un continent intégré ; une gouvernance démocratique et respectueuse des droits de l’homme ; une paix durable ; une identité culturelle forte ; des personnes autonomes, en particulier les femmes et les jeunes ; et une Afrique influente à l’échelle mondiale
Parmi ses projets phares figurent la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le réseau de trains à grande vitesse, le passeport africain, et le Marché unique du transport aérien africain (SAATM). L’Agenda 2063 représente ainsi un engagement collectif pour un avenir africain fondé sur la solidarité, l’innovation et la souveraineté du continent.
Source: https://ltdn.org/lafrique-nest-pas-en-devenir-elle-est-deja-en-mouvement/
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